Changement de présidence à la tête de Visarte.Vaud
Procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du 13 septembre 2014 à 11h, au Parc Mon-Repos 3, à Lausanne
Changement de présidence à la tête de Visarte.Vaud
Le président, Christian Jelk, souhaite la bienvenue et lit la liste des membres excusés.
Discours du président
Chers artistes, chers amis,
En 1974 dans certains coins d’Italie, Milan, Turin, les ouvriers en colère, en grève, pratiquaient « l’auto-ravitaillement prolétaire »: grève = pas de salaire, rien à manger. Alors ils s’organisaient pour aller se servir en groupes de 100, 200, dans les supermarchés proches des usines Fiat, Alfa, Siemens, … Ils pratiquaient également l’auto-réduction: non-paiements des factures d’électricité par quartier ouvriers entiers, s’arrangeant avec les contrôleurs locaux et les impliquant dans leurs actions. Ils se réunissaient souvent, en des assemblées chahuteuses, houleuses, issues de la réunion de nombreux groupes d’action politique et parfois armés tels que: potere operaio, lotta continua, plus jamais sans fusil, groupe d’action partisane, … suivaient des actions directes qui n’avaient que rarement l’aval de tous. mais la joie de la révolte assurément. Les conditions sociales, politiques, étaient telles que nombreux préféraient perdre le confort modeste que leur apportait leur travail au profit de l’allégresse d’une rébellion incertaine mais juste. Et tout cela se faisait dans la rage, mais surtout dans une sorte de jouissance indescriptible qui est le propre de la liberté.
Il me semble que c’est la condition première du travail de l’artiste: la liberté de pensée. Cette posture a elle seule est déjà révolutionnaire. Je pense que l’expression de cette liberté en groupe n’est pas aisée, mais qu’elle est d’une puissance incroyable.
Voilà pour le rêve qui m’a porté, et tenu, à la présidence de Visarte.Vaud.
C’est l’envie de partager, l’envie de convivialité, qui m’a amené au comité, à l’issue d’une assemblée générale menée par Eric Martinet.
Mais c’est la curiosité qui m’a amené à la présidence: curiosité politique, de savoir quel boulot font ces gens, avec un poste d’observation et d’action privilégié: pouvoir dire président de_ ça permet d’enfoncer des portes, ou de s’en donner le droit en tout cas.
Curiosité artistique aussi: comment fonctionne ce biotope étrange, « les artistes visuels », dans les eaux troubles de la politique culturelle vaudoise, comment fait chacun pour sortir la tête de l’eau, tente de faire miroiter ses atouts, pour se faire pêcher peut-être par les institutions qui pourront alors le nourrir de subventions et se passer le joli poisson d’une institution à l’autre pour s’autoconforter dans leurs choix. J’ai pas trop aimé ça, j’ai toujours pensé, et je pense encore, que c’est à nous seuls de s’occuper de changer l’eau du bocal, et surtout, de prendre le large…
Lorsque j’ai pensé à ce que j’allais raconter sous cette tente en cette magnifique journée, j’ai d’abord retenu un titre: SOCIETE DES ARTISTES, pensant, ah, ça c’est Visarte.
Et puis, quelques jours plus tard, n’y pensant plus, m’est venu l’amorce suivante: La solitude du président…
Société des artistes visuels … et architectes!
Société, voilà le mot qui m’a fait entrer. L’envie de rencontrer, de connaître.
Société, voilà le mot qui m’a fait envie de devenir pour un temps le président de Visarte.Vaud.
La question est de savoir société de quels artistes. Société pour qui, à qui, AVEC qui.
Etre fédérateurs, rassembler: on est pas très fort pour ça. Tant qu’on arrivera pas à rassembler tous les artistes alors on aura pas assez de force pour bousculer l’inertie politique, et surtout pour créer une véritable scène artistique en territoire vaudois.
J’entends donc société de TOUS les artistes, et non un club privé avec son Stammtisch.
J’entends société comme: tous les gens qui nous entourent.
J’entends Visarte comme 1: représentation des artistes, faire-valoir, monstration. C’est à dire comme moyen de soutenir le travail de l’artiste, son quotidien, ses attentes, ses besoins.
J’entends Visarte comme 2: possible outil de compréhension de l’art à TOUS les gens, à toute la population, puisque chacun de ses membres, bien vivant, est part de la société comme ensemble des êtres humains qui tentent de cohabiter.
La politique est à comprendre comme référence ou comme interférence de la société. Il est donc nécessaire, puisqu’elle est, de fait, le « pilote » de la société, son expression démocratique, de pénétrer, de se mettre à hauteur (médiatique) de, pour commencer.
Tout en se maintenant à distance, celle du regard qu’à l’artiste à son sujet, de par son métier, naturellement.
Je retiens de ma présidence qu’un bout de chemin a été fait, des opportunités saisies, comme d’autres présidents avant moi ont saisi d’autres opportunités.
Je retiens que la période actuelle dans notre canton est marquée par une médiatisation du projet du futur MCBA et donc que nous avons le pouvoir, sinon le devoir, en tant que société des artistes, de tirer parti de cette médiatisation pour parler de l’art aujourd’hui, de sa pratique, de son cruel manque de visibilité.
Et je sais que pour être visibles, nous devons rassembler, être fédérateurs, représenter TOUS les artistes visuels.
Je retiens aussi de ces cinq années de présidence que cette société d’artistes, si elle a un potentiel énorme, a une inertie phénoménale également: une fois lancée et une fois lancée seulement, il faut profiter d’en faire un maximum, quitte à rater un ou deux virages, bouffer de la poussière.
…. Car un comité, c’est du boulot, nourri par la seule énergie collective et l’enthousiasme de quelques uns. Parce que c’est la seule façon pour que ça marche.
Un comité c’est un engagement. Pour les artistes, pour la société.
Pour tous ceux qui sont venus avant nous aussi.
Je fréquente depuis peu le comité central. Et je peux vous dire qu’il y a là une énergie phénoménale. Un travail de très haute qualité et de très grande pertinence se construit. Dans les domaines du social, des hautes écoles d’art. Dans les relations de pouvoir entre nous, artistes, et les autorités politiques.
Et je peux vous dire qu’après le passage de Heinrich Gartentor, notre ancien président du comité central, les autorités politiques fédérales sont à l’écoute. Mieux, elles viennent vers Visarte pour poser des questions, pour demander des collaborations.
Alors je crois que c’est ce qui attend le comité ici ces années à venir. Pénétrer cet immobilisme politique culturel en terre vaudoise. S’inviter, prendre place.
Pourquoi ne faisons-nous pas partie du conseil de fondation de la fondation vaudoise pour la culture? Pourquoi ne sommes-nous pas en contacts réguliers avec le Musée des Beaux-Arts, avec le service de la culture? Par le biais du pôle muséal, de Pascal Broulis et de Elisabeth Wermelinger, …et un peu de forcing, nous avons pu intégrer la commission de mise en place des futurs musées, et nous devons poursuivre sur cette voie.
Je veux remercier les personnes avec qui j’ai partagé l’aventure: Eric, de qui j’ai repris la présidence et vers qui je me suis tourné bien quelquefois au fil de ces cinq ans.
Et puis, toutes les personnes qui m’ont accompagnées au comité au fil des ans (avec un super merci pour Geneviève, David, Stéphane, Sabine).
Nikola, qui a piloté avec un flegme magnifique cet « intermède présidentiel »,
Luzia, qui a su seconder mes oublis, gérer le quotidien de Visarte.Vaud quand bien même je la malmenais (Visarte, pas Luzia, du moins je l’espère).
Et puis, vous tous artistes qui êtes ici, ou pas, qui m’avez poussés, à avancer, et parfois à bout aussi…
Mais je dois quand même dire: le job de président tel que je l’ai pratiqué, tel que je l’ai voulu certainement, est d’une grande solitude. Et je crois que cette solitude va me manquer…
Je dois vous dire surtout que j’ai pris un plaisir dingue durant ces cinq ans!
L’assemblée remercie chaleureusement le président sortant par acclamation.
Le vice-président Nikola Zaric prend la parole et informe l’assemblée que le comité est heureux de proposer la candidature de Pierre Bonard pour la présidence. Il demande s’il y a d’autres candidatures – ce n’est pas le cas. On passe au vote pour Pierre Bonard comme nouveau président:
Pierre Bonard est élu à l’unanimité (pas d’oppositions, ni d’abstentions).
Il prend la parole pour remercier le comité de l’avoir choisi et il se réjouit de commencer son travail de présidence.
Pierre Bonard
président
La séance est levée à 11.40h.
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appel à projets pour une exposition à la Villa Dutoit
Chères et chers artistes,
Visarte.Genève lance un grand appel à projets pour une exposition à la Villa Dutoit (Petit-Saconnex/Genève), dont le titre sera « BRUIT ». Cette exposition aura lieu du 27 février au 22 mars 2015. Le délai de remise des projets est fixé au 7 novembre 2014.
Cette proposition s’adresse à tous les artistes des groupes romands de Visarte ainsi qu’aux artistes des différentes associations de la fédération act-act à Genève.
Vous trouverez ci-joint un document qui contient en principe toutes les informations nécessaires, ainsi qu’une adresse de contact pour qui désire des renseignements supplémentaires.
Avec nos cordiales salutations.
pour le comité de Visarte.Genève
Guy Schibler, président
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